par Ekrem Yildirim
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6 janvier 2026
Jusqu’à 90 % du coût pris en charge pour les ménages modestesParis, janvier 2026 — Face à la hausse structurelle des prix de l’énergie et à l’urgence climatique, la rénovation énergétique des logements s’impose comme une priorité nationale. En première ligne de cette stratégie, la pompe à chaleur (PAC) s’affirme comme l’un des équipements les plus encouragés par les pouvoirs publics. En 2026, l’État français consolide son arsenal d’aides financières, avec un objectif clair : accélérer la sortie des énergies fossiles tout en protégeant le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes. La pompe à chaleur, pilier de la transition énergétique résidentielle La pompe à chaleur séduit par son double avantage : elle permet de réduire significativement les factures de chauffage tout en diminuant les émissions de CO₂. En captant les calories présentes dans l’air, l’eau ou le sol, elle produit jusqu’à 3 à 4 fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme, ce qui en fait une solution particulièrement performante dans le contexte actuel. C’est précisément cette efficacité énergétique qui explique le soutien massif de l’État. En 2026, les pouvoirs publics misent sur la PAC pour remplacer progressivement les chaudières au fioul et au gaz, responsables d’une part importante des émissions du secteur résidentiel. Des aides cumulables qui transforment un investissement coûteux en projet accessible L’un des changements majeurs de ces dernières années réside dans la possibilité de cumuler plusieurs dispositifs d’aide, ce qui permet de réduire très fortement le coût réel des travaux. En 2026, selon les profils de revenus et la localisation du logement, l’aide totale peut représenter entre 50 % et 90 % du montant global du projet pour les ménages les plus modestes. MaPrimeRénov’ : la pierre angulaire du dispositif Gérée par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH), MaPrimeRénov’ demeure le principal levier financier. En 2026, les montants sont stabilisés et clairement hiérarchisés selon les catégories de revenus : Jusqu’à 5 000 € pour l’installation d’une PAC air-eau pour les ménages très modestes ; Environ 4 000 € pour les ménages modestes ; Environ 3 000 € pour les ménages intermédiaires ; Les ménages aux revenus élevés restent exclus de cette aide dans le cadre du parcours par geste, conformément à la volonté de ciblage social du dispositif. Ces montants forfaitaires tiennent compte des disparités territoriales, notamment entre l’Île-de-France et les autres régions, afin de mieux refléter les réalités du marché immobilier et du coût de la vie. Les Certificats d’Économies d’Énergie : une aide technique devenue stratégique Autre pilier du financement : les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), financés par les fournisseurs d’énergie. Depuis la réforme engagée en 2025, ces primes ne reposent plus sur des forfaits uniformes mais sur des critères techniques précis, tels que : la performance saisonnière de la PAC (ETAS), la surface réellement chauffée, la zone climatique du logement (H1, H2 ou H3). Des montants fortement variables selon la région Cette évolution favorise les logements situés dans les régions les plus froides, où les besoins de chauffage sont plus élevés : En zone H1 (Nord, Est, zones montagneuses), la prime CEE peut dépasser 5 100 € pour une PAC air-eau performante. Combinée à MaPrimeRénov’, l’aide totale peut atteindre jusqu’à 10 800 € pour un ménage très modeste. En zone H3 (Sud-Est, façade méditerranéenne, Corse), les aides cumulées peuvent néanmoins avoisiner 9 395 €, ce qui reste un soutien substantiel. Des outils complémentaires pour réduire encore le reste à charge L’éco-prêt à taux zéro : financer sans s’endetter Pour les ménages qui ne peuvent pas avancer la totalité des fonds, l’éco-PTZ demeure un outil clé. En 2026, il permet d’emprunter jusqu’à 50 000 € sans intérêts, sur une durée pouvant aller jusqu’à 20 ans, et reste entièrement cumulable avec MaPrimeRénov’ et les CEE. Une TVA réduite qui allège mécaniquement la facture À cela s’ajoute la TVA à 5,5 %, applicable aux travaux de rénovation énergétique réalisés par des artisans certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Cette réduction fiscale, souvent sous-estimée, permet d’économiser plusieurs milliers d’euros sur un chantier complet. Quel reste à charge pour les ménages en 2026 ? Le coût brut d’une installation de pompe à chaleur varie fortement selon la technologie choisie (air-air, air-eau, géothermie), la surface du logement et la complexité des travaux. En pratique, il oscille entre 8 000 € et plus de 25 000 €. Grâce au cumul des aides : certains ménages très modestes peuvent ramener leur reste à charge à 3 000 – 5 000 € ; pour la majorité des foyers aidés, le reste à charge se situe entre 6 000 € et 12 000 €. À long terme, ces montants sont en partie compensés par les économies d’énergie, qui peuvent atteindre plusieurs centaines, voire milliers d’euros par an selon les situations. Une transition énergétique plus juste, mais encore perfectible Pour les spécialistes du secteur, la politique menée en 2026 va clairement dans le sens d’une transition énergétique plus équitable. Le ciblage des aides vers les ménages modestes permet d’éviter que la rénovation énergétique ne devienne un privilège réservé aux foyers les plus aisés. Néanmoins, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de stabilité réglementaire. Les ajustements successifs de MaPrimeRénov’ et des CEE, bien que justifiés budgétairement, peuvent compliquer la lisibilité des dispositifs pour les particuliers et fragiliser les professionnels du bâtiment.